SASU ou EURL : 7 894€ sur un seul dividende
Même somme distribuée, presque 8 000€ d'écart. La règle que personne n'anticipe.
Tu distribues 30 000€ de dividendes.
En SASU, tu paies 9 420€ de prélèvements. En EURL, 17 314€. Même somme sortie de la société, presque 8 000€ d'écart. Pas une niche exotique : juste la conséquence de la case que tu as cochée en 20 minutes le jour de la création.
Cette case, tu la subis pendant 10 ans.
Voilà ce qui se passe. En SAS ou SASU, les dividendes du président ne supportent qu'une chose : la flat tax, à 31,4% en 2026. Point. En SARL ou EURL avec un gérant majoritaire, c'est une autre mécanique. La part de tes dividendes qui dépasse 10% du capital social (plus les primes et le compte courant d'associé) bascule dans les cotisations sociales TNS, autour de 45%, au lieu des prélèvements sociaux classiques. C'est la règle des 10% (article L131-6 du Code de la sécurité sociale).
Sur une EURL au capital de 1 000€ qui distribue 30 000€, le seuil hors cotisations est de 100€. Les 29 900€ restants passent à 45%. Résultat : un taux effectif de 57,7%, contre 31,4% en SASU.
Et le réflexe classique ("j'augmente mon capital") ne règle rien à cette échelle. Pour sortir 30 000€ hors cotisations TNS, il te faudrait environ 300 000€ de capital. Au-delà de 30 à 50 000€ de dividendes par an, la SAS ou la SASU est structurellement supérieure sur ce point.
Mais réduire le choix au seul critère des dividendes serait une erreur. C'est l'inverse de ce que je veux te montrer.
Le statut, ce n'est pas une question de formalités. C'est une question d'architecture patrimoniale, qui se joue sur quatre leviers à 5-10 ans.
Le régime social, d'abord. Le TNS paie 45% de charges là où l'assimilé salarié en paie 80%. Tentant. Sauf que ces 35 points d'écart, ce sont surtout des droits à la retraite que tu n'acquiers pas : sur un revenu de 80 000€, l'écart de pension tourne autour de 490€ par mois. Moins de charges aujourd'hui, moins de pension demain. C'est un arbitrage, pas un cadeau.
La compatibilité avec une holding, ensuite. La cession future, enfin. Trois leviers de plus qui pèsent bien plus lourd, sur 10 ans, que les 200€ de frais de greffe sur lesquels la plupart des comparatifs s'arrêtent.
La bonne question n'est donc pas "quel statut coûte le moins cher à créer", mais "quel statut sert ma stratégie de rémunération, de capitalisation et de transmission". Et la réponse dépend de ton niveau de dividendes, de ton horizon, de ta future holding.
J'ai mis tout le comparatif à plat dans un article : les six critères décisionnels, les tableaux chiffrés statut par statut, et une grille pour te positionner selon ton profil.
👉 SASU ou SARL ou EURL : quel statut choisir en 2026
À la semaine prochaine,
Thibaut
P.S. Si tu as déjà une structure et que tu te demandes si elle te dessert sur les dividendes ou la future holding, c'est exactement le genre de question qui se règle en amont, jamais la veille d'une distribution. Lis la partie sur la règle des 10%, c'est là que la plupart se font avoir.
Newsletter Croissance & Patrimoine. Contenu éditorial et général, pas un conseil individualisé : ta situation est unique, la décision se prend avec ton expert-comptable, qui orchestre l'ensemble. Thibaut Peron, expert-comptable diplômé.