La trésorerie qui dort coûte plus cher qu'on ne pense

80 000€ qui dorment à 0,5% net IS pendant que l'inflation ronge ton capital. Le calcul que personne ne fait sur 5 ans + un cas concret cabinet (consultant IT 90 000€).

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La trésorerie qui dort coûte plus cher qu'on ne pense

Intro

80 000€ qui dorment sur le compte courant de ta société. Ton banquier te propose 0,5% sur un compte à terme. Tu te dis "c'est pas grand-chose, mais c'est pas grave".

Ce n'est pas un problème de "pas grand-chose". C'est un problème de double érosion : l'IS qui te ponctionne sur les intérêts générés, et l'inflation qui ronge ton capital nominal pendant que tu attends.

Sur 5 ans, ces deux mécaniques cumulées te coûtent plus cher que ce que tu imagines. Et le pire : ce coût ne se voit pas dans ton bilan. Il est invisible.

Cette semaine, on chiffre ce que tu rates vraiment. On regarde un cas concret cabinet (un consultant IT qui a réveillé 90 000€). Et on pose les questions qui comptent vraiment pour ta structure.


L'optimisation de la semaine — Le vrai coût d'une trésorerie qui dort

Le constat

La majorité des dirigeants à l'IS que je vois en cabinet ont entre 30 000€ et 500 000€ de trésorerie excédentaire qui dort. Excédentaire = au-delà du fonds de roulement nécessaire à l'exploitation.

Cette tréso reste sur le compte courant à 0% ou sur un compte à terme à 0,5-1%. Personne ne pose la question stratégique : "Combien me coûte cette inertie ?"

Pourquoi personne ne la pose ? Parce que ton banquier n'a aucun intérêt à le faire (sa marge est dans le 0,5%), parce que ton expert-comptable n'est pas dans son scope d'intervention (il fait ton bilan, pas du pilotage), et parce qu'aucun simulateur grand public ne calcule ça pour toi.

Résultat : tu ne le mesures pas. Donc tu ne l'optimises pas.

Le mécanisme — la double érosion

Une trésorerie placée à 0,5% subit deux mécaniques cumulatives.

Mécanique 1 — l'IS sur les intérêts générés. Les intérêts d'un compte à terme société sont des produits financiers intégrés au résultat fiscal. Ils sont taxés au taux IS standard de 25%, ou 15% sous le plafond PME.

Donc 0,5% brut devient 0,375% net après IS. C'est ton vrai taux servi.

Mécanique 2 — l'inflation qui ronge le capital nominal. Avec une inflation moyenne 2024-2026 autour de 2% (source INSEE), ton 0,375% net est largement négatif en pouvoir d'achat réel. Tu perds de la valeur chaque année juste en restant immobile.

Le calcul chiffré sur 5 ans

Trois profils de trésorerie excédentaire représentatifs de ce que je vois en cabinet :

Profil Tréso initiale Tréso à 0,5% brut, 5 ans Tréso à 0,5% net IS Pouvoir d'achat réel (inflation 2%)
A — TPE 50 000€ 51 263€ 50 945€ 46 142€ équivalent J0
B — Standard 150 000€ 153 788€ 152 836€ 138 425€ équivalent J0
C — Cash-rich 500 000€ 512 627€ 509 454€ 461 421€ équivalent J0

Valeurs arrondies à l'euro le plus proche, calcul direct (1,02)^5 = 1,1041.

→ Le profil B perd 11 575€ de pouvoir d'achat réel sur 5 ans, le profil C en perd 38 579€. Et ces chiffres sont conservateurs : ils n'intègrent pas le coût d'opportunité — c'est-à-dire ce que cette trésorerie aurait pu rapporter si tu l'avais activée dans un véhicule structuré.

C'est là que ça fait vraiment mal. Mais avant de chiffrer le coût d'opportunité, regardons un cas concret du cabinet.


Cas client anonymisé — Le consultant IT qui a réveillé sa tréso

Consultant informatique, SAS unipersonnelle, 150 000€ de CA récurrent annuel. Marge nette de l'ordre de 60-70% (structure légère, pas de salariés, frais limités). Trésorerie excédentaire qui s'accumulait sur le compte courant de la société d'exploitation depuis 2 ans, sans véhicule activé.

État initial : environ 90 000€ qui dormaient (chiffres arrondis pour simplifier la démonstration). Compte à terme proposé par la banque : 0,5%. Aucune holding. Aucun investissement société. Quand on a fait l'audit ensemble : plus de 1 350€ de manque à gagner réel cumulé sur 24 mois (vs un scénario activé prudent), sans même compter le coût d'opportunité d'une vraie allocation.

Ce qu'on a structuré :

  1. Création d'une holding patrimoniale en tête de la SAS d'exploitation, avec apport de titres
  2. Mise en place d'une convention de trésorerie intersociétés formalisée
  3. Remontée progressive du cash excédentaire de l'exploitation vers la holding (régime mère-fille activé)
  4. Allocation de 40 000€ depuis la holding sur une opportunité privée identifiée via le pôle patrimoine du cabinet, le reste resté en réserve liquide

Résultat : sur cette poche de 40 000€, un rendement net constaté de 10% par an depuis l'allocation. Sur 5 ans (toutes choses égales par ailleurs), 40 000€ deviendraient ~64 420€ — soit un écart de plus de 24 000€ par rapport à un compte à terme à 0,5% net IS.

Le levier ici n'est pas l'investissement en lui-même — c'est la structuration qui l'a rendu possible. Avant l'architecture holding + convention de trésorerie, ce cash était inerte par défaut juridique, pas par choix stratégique.

Ceci ne constitue pas un conseil en investissement individualisé. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les rendements évoqués correspondent à une situation client spécifique, dans un contexte donné, et ne sont pas transposables sans analyse personnalisée.

Veille de la semaine — BCE et placements société

La BCE a poursuivi sa baisse progressive des taux directeurs au T1 2026, ce qui a tiré les rendements des comptes à terme bancaires vers le bas (1,5-2,5% sur 1 an actuellement contre 3-4% en 2024). Conséquence : l'écart entre "laisser dormir" et "activer" se creuse. Les véhicules indexés actions / contrats de capi à allocation dynamique deviennent relativement plus attractifs pour les profils long terme.

→ Ce que ça change : si tu as renouvelé un CAT en 2026 sans réviser ton allocation, c'est probablement le moment.


Le chiffre que je n'ai pas encore mis sur la table

Sur le profil C — 500 000€ de tréso —, la perte en pouvoir d'achat réel sur 5 ans à 0,5% net IS, c'est 38 579€. Ça, c'est ce que ce mail t'a déjà montré.

Sauf que la perte mesurée n'est pas le vrai problème.

Quand tu mets en face une trésorerie activée à 4% net, sur 10 ans, l'écart dépasse 200 000€. Deux cent mille euros qui ne rentrent jamais dans le patrimoine. Pour avoir laissé dormir un cash que ton banquier te dit "placé correctement à 0,5%".

Quel véhicule activer ? Quel horizon ? Avec ou sans holding ? Avec quelle fiscalité précise sur les plus-values latentes, sur les frais de gestion, sur la sortie ?

Ces questions-là — et le calculateur prêt à dupliquer sur ta tréso à toi —, je les déroule dans la prochaine édition payante.


Outro

Ce mail n'est pas pour les dirigeants qui pensent que "0,5% sur un CAT, c'est correct". Pour ceux qui veulent vraiment chiffrer ce qu'ils perdent en pouvoir d'achat réel et structurer une activation : la suite est pour toi.

La trésorerie qui dort n'est pas une question de placement. C'est d'abord une question de structure. Sans architecture juridique adaptée, ton cash n'a pas les véhicules pour s'activer. Avec architecture, tu choisis quand, combien, et où.

Si tu veux creuser la mécanique complète — comment cartographier ta tréso, identifier la part vraiment excédentaire, et choisir le véhicule qui matche ton profil — c'est exactement ce qu'on couvre dans Cash Control, la formation que j'ai construite à partir des cas cabinet les plus récurrents.

Et si tu veux une analyse directe sur ta structure et ta tréso — chiffrage levier par levier, livrable rapport en 14 jours, garantie 10 000€ d'optimisations actionnables documentées ou remboursement intégral — l'Audit Stratégique Patrimoine Pro est l'offre qu'on a bâtie pour ça. Candidature nécessaire ici

À mardi prochain.

Thibaut

P.S. — Si une partie de ta trésorerie dort vraiment depuis trop longtemps, fais-toi le calcul cette semaine : combien tu perds par mois en pouvoir d'achat réel ? Le simple fait de chiffrer change la décision.

P.P.S. — Si cette édition t'a été utile, transfère-la à un dirigeant qui devrait la lire. C'est ce qui fait grandir cette newsletter sans budget pub.


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Thibaut Peron — Expert-comptable diplômé (DEC), Cabinet Build (Paris)

Les informations partagées dans cette newsletter ont une vocation pédagogique et générale. Elles ne constituent pas un conseil en investissement individualisé au sens de l'article L.541-1 du Code monétaire et financier, ni un conseil fiscal personnalisé. Toute mise en œuvre nécessite une analyse de votre situation propre, le cas échéant avec votre expert-comptable et votre conseiller en investissement financier (CIF). Les performances passées évoquées ne préjugent pas des performances futures.